Menace de grève de l'Association des propriétaires de kot de Namur

Comme révélé dans la presse ces derniers jours, la Ville de Namur projette de voter un règlement communal « prévention incendie ». Un litige l’oppose à ce sujet à l’Association des Propriétaires de Kot de Namur (APKN). Celle-ci a décidé jeudi passé de ne pas louer de kots aux étudiants pour l’année académique 2008-2009 afin de faire pression sur la Ville et « d’impliquer les étudiants dans cette histoire ». L’Assemblée générale des étudiants des Facultés universitaires de la Paix de Namur (AGE) tient à réagir face aux menaces de l’APKN.

Tout d’abord, nous tenons à préciser que l’AGE ne peut a priori s’opposer à un règlement qui vise à améliorer la sécurité des kots et partant, des étudiants. Est-il nécessaire de rappeler le dramatique accident survenu il y a quelques années et la mort d’une personne dans l’incendie de son kot ? La gestion de biens immobiliers « en bon père de famille » voudrait que les propriétaires assurent une sécurité maximale aux locataires.

La menace de grève lancée par l’APKN est un véritable chantage et une prise en otage des (futurs) étudiants. La grève risque en outre d’avoir des effets pervers pour Namur. En effet, les étudiants qui ne trouveront pas de kots en septembre se tourneront vers d’autres villes. À terme, tous les établissements d’enseignement supérieur ainsi que l’ensemble de l’économie namuroise (commerces, horeca,…) devront en assumer les conséquences. L’APKN, par son chantage pourrait donc priver Namur d’une part de son activité économique. Elle l’a sans doute bien compris… Faut-il toutefois rappeler aux propriétaires qu’ils seront eux aussi otages de leur décision car ils devront, à l’avenir, faire face à une baisse de la demande de logements ?

De plus, le projet de règlement incendie n’est pas neuf. Cela fait des années que la Ville de Namur se penche sur un tel règlement. Nous nous étonnons donc que certains propriétaires se prétendent surpris et s’indignent de devoir débourser des dizaines de milliers d’euros du jour au lendemain pour le réaménagement de leurs kots. D’une part, les chiffres avancés par l’APKN sont sans doute des cas particuliers qu’il ne faut certainement pas généraliser. D’autre part, tout propriétaire de bâtiment « normalement prudent et diligent » aurait du prévoir, au vu des projets de la Ville de Namur, qu’un règlement « incendie » était en cours d’élaboration, et donc s’organiser en conséquence.

Nous craignons également que le prix des aménagements soit le prétexte à une augmentation démesurée des prix, sans commune mesure avec le coût réel des travaux. L’AGE portera une attention toute particulière à ce sujet. D’autant plus que les propriétaires de kots disposent de plusieurs années (aux dires de M. Prévot) pour se mettre en adéquation avec le règlement. Rien ne doit donc être fait pour septembre 2008.

Nous appelons donc les propriétaires de kots, et plus particulièrement l’APKN, à privilégier la négociation aux pressions injustifiées sur les parties les plus faibles de ce bras de fer, à savoir les étudiants.


Edouard DIEUDONNÉ
Président AGE f.f.
081/72.50.87