Ce lundi, les quatre recteurs de l’Académie ‘Louvain’ ont annoncé l’entrée en négociations, et ce, en vue d’une intégration plus poussée de leurs institutions. À son tour, le Bureau de l’Assemblée Générale des Étudiants des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix tient à exprimer publiquement sa position sur ce projet.
Rappelons qu’à ce stade, il n’est pas encore question d’un accord de fusion, mais bien de discussions préparatoires à son éventuelle réalisation. Conscients des enjeux sous-jacents, nous tentons d’adopter une démarche objective tenant compte des avantages et inconvénients des différentes options. À cet égard, les non-négociables définis par l’Assemblée générale des FUNDP sont globalement en adéquation avec notre vision. Soulignons ici deux aspects concernant plus spécialement les étudiants : l’enseignement et la gouvernance.
Persuadés de la qualité de l’enseignement dispensé aux FUNDP, par ailleurs largement reconnue, il nous serait intolérable de voir cet acquis remis en cause à l’avenir. Caractéristique forte de nos facultés, son attention à la personne, notamment au niveau de la disponibilité du corps enseignant et de ses rapports humains avec les étudiants, se doit (ainsi) d’être sauvegardée voire encouragée. Dans ce cadre, le site namurois devra, selon nous, toujours disposer de son autonomie dans la gestion et la pédagogie des premiers cycles. D’autre part, le maintien de ces derniers ainsi que des deuxièmes et troisièmes cycles est crucial pour la pérennité de l’enseignement universitaire à Namur. Leur développement dans nos domaines d’excellence doit en outre être favorisé. Mais tout cela ne pourra être mis en place que par la présence in situ d’une recherche de haut niveau.
La réalisation et la perpétuation de ces objectifs dépendra notamment de la bonne gouvernance dont serait dotée la nouvelle institution. Elle devrait en particulier satisfaire les valeurs démocratiques profondément ancrées au sein des processus décisionnels aux FUNDP et plus largement dans notre société. Pour ce faire, il est essentiel qu’un double principe de représentativité s’applique : d’une part, au travers de l’ensemble des composantes de la communauté universitaire — académiques, scientifiques, personnel administratif, technique et ouvrier, et étudiants — et d’autre part, au niveau des sites universitaires. Pour un fonctionnement optimal, chacun d’eux devra bénéficier d’une délégation maximale.
En vue de cette intégration plus poussée, il ne serait pas judicieux de la part des universités membres de l’Académie ‘Louvain’ de s’éloigner davantage les unes des autres en cette matière. Dans cette perspective, les intentions des autorités louvanistes de concentrer le pouvoir dans les mains du recteur vont à l’encontre de ces principes.
Le projet actuel laisse entrevoir des opportunités intéressantes mais nécessite de relever d’importants défis. Pour aboutir à un résultat sans frustration, le respect de l’identité de chaque université est crucial. Cette identité multiple, comprise comme un atout, sera une clef de la réussite du projet.