Allocution de rentrée 2007


L’avenir de l’Académie ‘Louvain’ : champ d’action de l’engagement étudiant ?


Chères étudiantes, chers étudiants,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, en vos titres et qualités,


À l’occasion de cette rentrée académique, je souhaiterais évoquer deux thèmes qui me paraissent particulièrement importants à l’heure actuelle : d’une part, l’avenir de l’Académie ‘Louvain’ et d’autre part, l’implication des étudiants durant leur vie universitaire.

L’avenir de l’Académie ‘Louvain’

En mars dernier, les quatre recteurs de notre académie rendaient officiel un projet d’intégration de leurs institutions respectives en une seule université nouvelle. Les négociations sont sur le point de commencer. Certains parleront d’une fusion voire d’une absorption, mais derrière les termes, il faut surtout voir la réalité concrète qui y figurera. L’AGE, Assemblée générale des Étudiants des FUNDP, que j’ai l’honneur de représenter en ce jour, a une position critique face à ce défi. Nous ne rejetons pas en bloc toute idée de fusion ; il serait stupide de balayer tout germe de progrès avant d’y avoir prêté la moindre attention. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous donnons un blanc seing à nos autorités. Ce projet est encore à construire, du moins c’est la version officielle, encore qu’un certain nombre de balises, les non-négociables, aient déjà été fixées. Alors demandons-nous ce que nous voulons pour les générations futures d’étudiants, ce qui leur sera le plus profitable.

En premier lieu, la qualité de notre enseignement doit être maintenue et même étendue au sein de la future université, tout en puisant dans l’expérience de ses fondateurs pour progresser. Ensuite, souhaitons-nous une université dont certains sites dispenseront exclusivement des cours de baccalauréat ? Nous cantonnerons-nous au rôle de crèche pour les plus jeunes de nos étudiants ? Désirons-nous regrouper les mêmes filières sur une seule implantation ? À ces questions, il me semble devoir répondre par la négative et ce, pour deux raisons au moins. D’une part, cela nuirait à l’ouverture d’esprit que procure une université pluridisciplinaire ; d’autre part, l’étudiant ne serait plus libre de choisir un site en particulier. Dans le même ordre d’idées, va-t-on pousser nos étudiants à faire la navette très fréquemment entre les sites de la nouvelle université ? Nous croyons que cela n’est raisonnable qu’à faible dose et en dehors du premier cycle. Par les changements qu’elle pourrait ainsi amener, cette nouvelle structure n’augmentera-t-elle pas en outre le coût global des études ? Par ailleurs, dans ce grand ensemble qui dit vouloir atteindre une taille critique, ne serons-nous pas fondu dans la masse ? Serons-nous plus qu’un numéro ? Aurons-nous encore un contact relativement aisé avec nos professeurs et assistants ? Enfin, autre question qui nous préoccupe : vous, étudiants namurois, aurez-vous encore des représentants dans la future entité ?

Un certain nombre de garanties sont fournies dans toutes ces matières par les non-négociables ; mais quelle assurance avons-nous qu’elles résisteront, d’abord à la détermination quasiment sans faille des négociateurs, jugeant l’intégration comme la seule issue possible, et par après, à la force du temps ? Dès lors, il faudra être particulièrement attentif tout au long des prochaines années afin de ne pas voir notre condition d’étudiant se dégrader du fait de ce projet. Toutefois, je ne voudrais pas paraître trop pessimiste. Je crois que l’Académie ‘Louvain’ deviendra ce que nous vous voudrons bien nous donner la peine d’en faire. C’est à vous, à nous tous, quel que soit notre statut d’étudiant, d’académique, de scientifique ou de membre du personnel ATO, à imaginer ce nouvel ensemble du paysage universitaire. Bref, une possible opportunité et certainement, un vaste défi !

L’engagement étudiant

Cela me permet de basculer au second thème que je souhaiterais développer : l’engagement étudiant. En effet, si nous voulons que les étudiants soient impliqués dans le processus de formation de la nouvelle université, il faut qu’il y ait des étudiants prêts à s’investir en ce sens.

Je distinguerai trois niveaux auxquels chaque étudiant peut s’engager : tout d’abord, dans ses études, ensuite au sein de l’université et enfin, plus généralement, dans la société tout entière. Pour ne pas abuser de votre temps, je ne m’étendrai que sur ces deux premiers aspects.

L’implication dans ses études

Même au sein de ses études, l’étudiant ne doit pas se contenter d’ingurgiter des syllabus. Qui oserait voir l’université comme un lieu où l’on gave des oies ? L’ambition de nos facultés est évidemment plus élevée. Progressivement et souvent à l’initiative du corps enseignant, l’étudiant est amené à découvrir par lui-même, à construire ses propres connaissances. Bref, il apprend à apprendre. Or c’est une capacité que notre société de l’information en perpétuelle évolution, prise particulièrement.

L’étudiant est-il seul sur ce chemin ? Non. Outre les enseignants, il est accompagné par bien d’autres étudiants. Entraide et solidarité entre eux sont donc essentielles. Que l’on soit doué ou qu’on le soit moins, rester isolé n’est jamais une bonne chose ; la confrontation des points de vue est toujours enrichissante pour l’un et l’autre. Plus globalement, ce travail en équipe préfigure les rapports sociaux de la vie active.

L’implication au sein de l’université

Toutefois, la vie étudiante ne se résume pas, et heureusement sans doute, au côté académique de la chose. Cela m’amène à mon deuxième type d’engagement étudiant : l’implication de l’étudiant au sein de l’université.

Depuis septembre 2004, la participation des étudiants dans les instances dirigeantes de l’université a été garantie par un décret de la Communauté française. Ainsi, chaque année au printemps, des élections sont organisées afin de désigner les représentants étudiants au conseil d’administration des FUNDP ainsi que dans chacun des six conseils facultaires. Encore faut-il qu’il y ait des candidats ! Car nous subissons depuis les débuts une pénurie de volontaires pour remplir tous les postes à pourvoir et la tendance actuelle nous fait craindre un appauvrissement grandissant de la représentation étudiante les prochaines années. Est-ce admissible ? Certainement pas. Des générations d’étudiants se sont battus pour que vous puissiez bénéficier de cette prérogative aujourd’hui. De plus, quelle image de citoyens responsables donnerions-nous si nous venions nous plaindre alors même que nous n’utiliserions pas tous les leviers mis à notre disposition pour influer sur le cours des événements ? Les étudiants namurois n’auraient-ils en définitive que peu de cas des institutions qui structurent cette étape importante de leur vie qu’est l’université ? J’espère ne pas me tromper en affirmant que tel n’est pas le cas pour une portion significative du corps étudiant. Vous autres étudiants ici présents êtes déjà la preuve que la situation n’est pas désespérée.

Cependant n’accablons pas trop vite les étudiants. Leur est-il offert la possibilité de s’investir dans les instances de l’université ? Quels sont les obstacles qu’ils rencontrent ? Un premier élément de réponse est certainement lié au temps que toute activité extra-académique requiert, car il peut évidemment entrer en concurrence avec le temps consacré aux études. Une autre hypothèse réside peut-être dans un certain manque de reconnaissance de ces engagements que d’aucuns considèrent encore comme n’étant pas du ressort de la gent étudiante. Ou est-ce encore parce que les étudiants se sentent submergés par un système méconnu et tentaculaire dans lequel ils ne perçoivent pas clairement leurs possibilités d’apports ? Il est vrai que la pratique nous enseigne que la participation est plus aisée à mettre en place dans des groupes plus restreints où les différents acteurs se connaissent mieux. Mais, il n’empêche que les contributions constructives des étudiants sont aujourd’hui de plus en plus reconnues à leur juste valeur ; n’hésitons donc pas à nous exprimer. Quant à la structure de notre institution, si elle peut paraître nébuleuse au départ, elle mérite d’être découverte pour pouvoir agir efficacement. Je ne crois pas que ce soit là une tâche plus ardue que la compréhension de notre système politique belge, au contraire. C’est sans doute heureux, vu les difficultés des politiciens du Nord et du Sud du pays à former un gouvernement rapidement pour enfin arriver aux discussions de fond. Outre les problèmes économiques, sociaux et environnementaux, il leur faudra trouver une solution au numerus clausus, qui a encore démontré son pouvoir dévastateur parmi les rangs des étudiants du premier baccalauréat en médecine.

Encore une fois, vous, les étudiants, n’êtes pas seuls ni isolés. L’Assemblée générale des Étudiants est là pour vous aider, pour vous fédérer et représenter vos opinions de façon plus globale, y compris au niveau supra-universitaire à travers la Fédération des Étudiant(e)s Francophones, la FEF. Mais ce travail politique n’est que la première facette de notre association. La seconde consiste en l’animation du campus universitaire et en la coordination des divers groupements qui y œuvrent en ce sens : d’abord, les cercles, qui réunissent les étudiants partageant la même orientation d’étude ; ensuite, les kots à projet, qui au nombre de seize cette année, vous proposeront des activités diverses et variées tout au long de l’année ; enfin, les régionales regrouperont, sur base géographique, ceux qui souhaitent découvrir plus avant les traditions du folklore estudiantin. Là aussi votre investissement est vital ! Je saisis l’occasion pour remercier chaleureusement tous ceux qui ont fait battre le cœur de nos Facultés l’an passé. Merci aussi à tous ceux qui se sont déjà engagés à faire de même cette année.

Des activités pour la rentrée

Avant de clore cette intervention, permettez-moi encore de vous annoncer que cette année, le Bureau de l’AGE, malgré une équipe actuellement en sous-effectif, a souhaité marquer la rentrée académique de son empreinte en organisant une série d’événements durant ces deux premières semaines : ce soir, un barbecue sur le parking de l’Arsenal ; demain, un concert au même endroit ; jeudi, un bal aux lampions sur le Forum de la Paix avec une ambiance assurée par une fanfare ; enfin, le traditionnel Bal des Bleus, intégré depuis quelques années dans le Campus Tour, mercredi prochain. Nous comptons sur votre présence nombreuse à toutes ces activités.

Enfin, il me reste à vous souhaiter à vous tous, membres de la communauté universitaire, une excellente rentrée académique en espérant que votre implication active permettra de relever les défis qui se poseront cette année.

Je vous remercie de l’attention que vous m’avez témoignée.


Vincent Malmedy
Vice-président politique
Assemblée générale des Étudiants des FUNDP


Copie du discours