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Du décret Participation à celui de Bologne : de nouveaux atouts pour l'étudiant ?
Chers étudiants, chères étudiantes, mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Avant de parler du rôle de l'Assemblée Générale des Étudiants que j'ai l'honneur de présider, faisons un peu d'histoire. Non pas celle des institutions belges, Monsieur Paul Wynants fait ça mieux que moi... mais celle de la représentation étudiante à Namur.
Il y a trente ans, une soixantaine d'étudiants se réunissaient au Freekot (kot libre, un nom vraiment prédestiné !) pour créer l'Assemblée Générale des Étudiants des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix. Ces étudiants voulaient constituer un intermédiaire valable entre eux et les autorités académiques. Pari réussi. Aujourd'hui, l'AGE est l'organe légalement reconnu comme représentatif des étudiants au niveau local. Depuis cette époque, l'AGE a persévéré dans ses deux missions initiales, la représentation des étudiants et l'animation du campus avec notamment ses nombreux bals, devenus avec le temps une véritable institution et son festival culturel. L'AGE a en effet toujours été là pour promouvoir la spécificité de l'étudiant universitaire à Namur. Et trente ans, ça se fête !
Pendant toute l'année, l'AGE avec ses cercles, ses régionales et ses kots-à-projet, animera le campus namurois avec des projets parfois un peu fous... mais dignes de ces trois décennies.
Au delà de cet anniversaire, cette année sera capitale à plus d'un titre, puisqu'ils sont
deux et non des moindres.
L'année académique 2004-2005 est l'année du Décret Bologne et du Décret Participation.
Voté en septembre 2003, cette année voit le début de la mise en application du Décret de la Participation à Namur. Tout a commencé en avril dernier par l'élection démocratique de quatre étudiants, dont moi-même, qui font désormais partie du Conseil d'administration des Facultés.
Des étudiants font également partie du Conseil des affaires sociales, des conseils des différentes facultés et de la Commission de l'enseignement. Impossible de résumer leurs différentes prérogatives en quelques phrases sinon que les étudiants seront impliqués à tous les niveaux dans la gestion des Facultés de Namur.
Nous avons maintenant le droit de siéger dans ces différentes institutions. A nous de prouver, qu'au-delà de cette décision politique, nous y avons notre place. A nous de prouver que nous pouvons représenter efficacement les étudiants. La tâche risque d'être parfois rude mais c'est à nous de jouer... sans oublier que nous sommes d'abord étudiants et que notre premier souhait est de réussir nos études... et de trouver le temps de « guindailler » un petit peu. A nous de jongler avec ces différentes activités. C'est la première année du baccalauréat en participation étudiante, à nous de réussir à devenir des bacheliers en participation.
Baccalauréat, maîtrise, c'est Bologne qui s'annonce.
Le premier baccalauréat commence en Belgique dès aujourd'hui. Il n'y a désormais plus de premières candis dans cette salle, rien que des premiers BAC. Cette année est capitale et une des plus difficiles de l'ère Bologne. Je crois en effet qu'on peut parler d'une nouvelle ère. Les cycles de deux ans sont maintenant organisés en trois ans : trois années de baccalauréat.
Sur le principe de l'uniformisation des diplômes, l'AGE ne peut que se féliciter de ce progrès. Les étudiants et leurs futurs employeurs s'y retrouveront beaucoup plus facilement. Cependant, rien n'est parfait dans le meilleur des mondes possible, Bologne amène quelques questions.
Pendant un certain temps, les deux systèmes, avant et après Bologne, vont cohabiter. On peut imaginer des cours où les deuxièmes candis se retrouveront au milieu des premiers BAC.
Certains étudiants se posent aussi la question de l'équivalence des diplômes. Un employeur ne fera-t-il pas une différence entre un licencié en quatre ans d'avant Bologne et un master en cinq ans?
Bologne a fait de la mobilité des étudiants son cheval de bataille. Dans les faits, les étudiants pourront-ils bénéficier de cette promesse ? Dans certains pays, le minerval est quatre, cinq fois plus élevé qu'en Belgique. Même si un fonds de mobilité a été créé, nous pensons que seuls les étudiants disposant de moyens financiers importants pourront véritablement bénéficier de cette mobilité.
Après un enseignement à deux vitesses souvent décrié en Belgique, ne va-t-on pas vers une mobilité à deux vitesses ?
La dernière question que se pose l'AGE est également d'ordre financier. Certaines universités ont décidé de privilégier l'organisation des maîtrises et non des licences. Ce choix ne pénaliserait-il pas certaines familles pour quatre ans d'études représentent déjà un effort important... alors encore en ajouter une ? La question se pose.
L'AGE se devra d'être attentive à ces différentes questions pour la première année de l'ère Bologne.
L'année académique 2004-2005 sera donc loin d'être de tout repos pour tous ceux qui s'investissent dans la vie para-académique, que ce soit dans la vie politique, au sens noble, ou dans la vie festive, au sens plus guindaillesque... mais tout aussi noble.
Je terminerai mon intervention en vous souhaitant à vous tous et à chacun, étudiants et professeurs des Facultés, une très bonne rentrée académique en espérant vous rencontrer régulièrement tout au long de l'année qui s'annonce bien chargée mais fort enrichissante.
Je vous donne déjà rendez-vous aux activités de rentrée de l'AGE qui viennent de commencer ce midi et se termineront avec le Campus Tour, le traditionnel Bal des Bleus de l'AGE un peu relooké cette année, trente ans oblige. A vous de le découvrir ce jeudi 7 octobre.
Je vous remercie pour l'attention que vous m'avez témoignée.
Thomas Ghilain
Président de l'A.G.E (Assemblée Générale des Étudiants)