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Mesdames, Mesdemoiselles,
Messieurs, Chers étudiants,
C'est avec une joie immense que je m'adresse à vous en ce jour de rentrée académique dans notre capitale universitaire qu'est Namur.
Immense joie car l'impensable pour les dirigeants de mouvements étudiants nationaux dont je fais partie de part ma fonction, est advenu.
Si Seattle, Nice, Prague, Goëteborg et Gênes signifient violence pour la plupart, cela signifie pour moi, au milieu des mouvements pacifiques trop souvent occultés par les débordements de certains, s'est montré au grand jour un réveil de la conscience politique des étudiants et même de la jeunesse en générale qui prend part à ce nouveau genre de manifestation.
Nombres de mes prédécesseurs ont fait les louanges de la participation étudiante, elle existe, il est vrai mais si cette participation est fondée sur une conscience politique pour certains, ce n'est absolument pas le cas pour la grande majorité d'entre nous.
Parlons de Numerus Clausus, plus généralement de liberté d'accès à l'enseignement, parlons d'un enseignement démocratique et les réactions seront infimes. La Fédération des Étudiants Francophones, la FEF dont l'AGE est un membre actif organise de grandes manifestations pour supprimer des absurdités du système politique tel que le Numerus Clausus. Bilan : 5000 étudiants présents à Bruxelles. Une minuscule part de la population estudiantine représentée par la FEF.
La fédération ne fait-elle donc pas son travail ? Absolument pas, si l'engouement pour ces petits problèmes politiques est quasi nul c'est justement parce que la politique n'intéresse plus la jeunesse. Ce qui n'est, à vrai dire, pas totalement une surprise étant donné le peu de caractères spécifiques des différents partis politiques belges et européens actuels.
C'est une terrible déception pour le mouvement étudiant belge mais, à l'heure où je vous parle, le changement est proche.
En effet, depuis les fameux événements de « Mai 1968 », une telle concentration de jeunes, lors des sommets internationaux que j'ai cités précédemment, ne s'était plus réunie pour un même combat. Ce combat pour lequel certains vont jusqu'à risquer et perdre leur vie nous le connaissons tous : la mise en supériorité du pouvoir de l'argent par rapport au pouvoir des états, le libéralisme pur et dur poussé à l'échelle mondiale.
Les idéaux politiques qui entraînent ces jeunes à manifester contre une économie qui fait craindre une accentuation du fossé Nord - Sud, Riches - Pauvres ainsi qu'une dégradation généralisée de l'environnement sont multiples et très différents. De toutes façons, ils ne sont pas important pour moi. L'important, mesdames et messieurs, c'est de voir que la conscience politique de la jeunesse intellectuelle contestataire s'est réveillée et en plus pour des raisons légitimes.
La question posée par de nombreux journalistes de la presse internationale est de savoir si l'anti-mondialisation économique est une mode qui passera ou bien une prémisse de plus grands changements. La véritable question est en fait de savoir si les organisations de jeunesse (pas les scouts, bien évidemment mais les organisations qui ont une fonction de représentation telle que l'AGE) essayerons de cultiver cette conscience politique internationale qui se développe chaque jour et cela pour la ramener, pourquoi pas, à des problèmes nationaux.
La jeunesse et plus particulièrement les étudiants sont une force politique importante, les politiciens n'en sont pas fort conscient mais aujourd'hui nous pouvons le prouver et le sommet européen qui se tiendra à Laeken le 14 décembre en sera l'occasion. Il faut bien sûr pour cela que cette conscience politique ne se rendorme pas pour les trente prochaines années. Aujourd'hui, la jeunesse se bat, au nom de la solidarité internationale, contre une économie qui développe un individualisme destructeur, demain, elle pourrait s'attaquer à toutes les autres sphères de la société...
Car, effectivement, les jeunes savent encore ce que signifie la solidarité. Peut-être même que c'est, notamment, à l'université qu'il l'apprenne ?
Et là, notre bureau de l'Assemblée Générale des Étudiants plus connue par les initiales AGE qui est présent aujourd'hui et dont je suis le président, voudrait remercier profondément tous les étudiants qui, avec solidarité, travaillent ensemble, en dehors de leur cours afin de faire vivre le campus universitaire au rythme de la fête avec les cercles étudiants, au rythme de la culture avec les Kots à projets et au rythme de la représentation étudiante avec les délégués de cours, tout cela accompagné bien sûr des musiques de la Radio Universitaire Namuroise (R.U.N.).
Nous voudrions remercier plus particulièrement l'un de ces membres, le C.I.R., le conseil inter-régionales dont font parties chaque année, un bon nombre de délégués de cours, de membres des Kots à projets et des cercles étudiants via leurs différentes régionales. Vous avez déjà pu justement en apercevoir quelques-uns cette après-midi à l'entrée de cet auditoire en habit de cérémonie. Le Président du CIR nous rejoindra tout à l'heure pour offrir un petit cadeau à notre nouveau bourgmestre, Bernard Anselme.
Remerciements particuliers parce que cette année nous travaillerons ardemment en collaboration avec le C.I.R. pour lui donner l'expansion et la reconnaissance qui lui est due. Car, ne l'oublions pas et nous espérons que l'université en est bien consciente et nous aidera donc dans cet objectif, si la solidarité existe encore dans toutes les parties de la vie estudiantine, c'est grâce aux régionales qui sont les véritables garantes de la culture et des grandes traditions universitaires qui font de la vie d'étudiant ce qu'elle est aujourd'hui.
La question du CIR entre dans un plus vaste objectif que s'est donné notre bureau AGE : la promotion de l'entièreté de nos membres afin que tous les étudiants sachent qui ils sont et ce qu'ils font.
C'est pourquoi, dès la semaine prochaine, nous organisons une foire des kots à projet, le 18 septembre exactement, sur la Place du Printemps de Pékin où ils se présenteront aux étudiants intéressés. Aussi, la présidente des délégués de cours se chargera d'organiser ou de superviser, dans les facultés qui s'en occupent elles-mêmes, les élections des délégués de cours. Nous commencerons également la rédaction d'un projet pour la reconnaissance des régionales à Namur qui sera présenté prochainement lors d'une Commission de Contact Universitaire où le bureau AGE a le plaisir de rencontrer notamment le Père-Recteur.
Une véritable entente et collaboration existent entre l'AGE et les autorités académiques, nous tenterons de le prouver à nouveau cette année par l'organisation d'une grande conférence au second semestre, par la mise sur pied de projets pour les Facultés de Namur,... Et c'est là, l'occasion de vous parler d'un exemple de ces projets qui a aboutit dès ce début d'année grâce aux moyens mis en œuvre par les Facultés et l'AGE : « La propreté aux Facultés ». Mis en évidence dès ce matin par de grandes affiches, que vous n'avez pas pu manquer en rentrant dans le Pedro Arrupe ou en vous baladant sur le campus, ce projet de propreté a pour objectif de rappeler aux habitants du campus universitaires que celui-ci est un endroit magnifique que nous devons préserver à tout prix.
Notre bureau AGE s'est également engagé à donner un fonctionnement démocratique à l'AGE. En effet, si les statuts de l'assemblée révèlent un profond souhait de démocratie, il n'en est pas toujours ainsi dans la pratique quotidienne. C'est ainsi que nous avons décidé de revoir l'entièreté des statuts et le mode de représentation des membres lors des Assemblées Générales. Dossier à suivre...
Enfin, le bureau AGE s'est engagé à être plus visible pour les étudiants. Nous sommes leurs représentants officiels et élus, pourtant peu d'entre eux nous connaissent. Afin de faciliter les contacts, nous participerons le plus possible à toutes les activités organisées par nos membres.
La politique du bureau AGE est aussi tournée vers l'extérieur, c'est pourquoi, cette année encore nous participerons aux 24h de Louvain-la-Neuve et aux débats de la Fédération des Étudiants Francophones. Il est aussi prévu d'inviter les autres universités lors des 20 ans de la « Saint - Nicolas des Etudiants » que nous fêterons dignement ici à Namur, le 5 décembre prochain.
Promotion, entente et collaboration avec les facultés, démocratie, visibilité et ouverture, tout cela pour vous dire, mesdames et messieurs, et c'est par-là que je terminerai cette allocution, le bureau AGE 2001-2002 travaillera d'arrache-pied cette année, pour que l'assemblée qu'il dirige devienne un exemple et même un modèle en matière d'organisation étudiante au niveau communautaire et national.
Merci.
Maxime Jonard,
Président de l'Assemblée Générale des Étudiants