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Une vue de la société
Je ne pourrais commencer cette allocution sans prendre le temps de remercier tous les étudiants qui consacrent une partie de leur énergie à la réalisation des projets de l'Assemblée Générale des Étudiants. Mes remerciements sont plus directement adressés à Monsieur Pierre-Louis Dhaeyer, ancien Président de l'Assemblée Générale des Étudiants, qui non seulement a dynamisé l'AGE, mais qui lui a surtout donné l'expansion qu'elle connaît aujourd'hui. Mais que ces remerciements n'altèrent en rien l'idée que les résultats obtenus sont dus à une équipe tout entière.
Les étudiants qui m'ont précédé à cette tribune ont abordé bien des sujets brûlants qui restent encore d'actualité de nos jours. Les années précédentes, nous évoquions les problèmes engendrés par la crise de notre société et ressentis aujourd'hui encore au sein de nos Facultés. Par après, lorsqu'on a approfondi la question de la participation étudiante, nous avons découvert que celle-ci était à la fois une nécessité et une des clés du bon fonctionnement de notre institution. Et comme je crois que personne ne niera l'importance de l'université dans la société actuelle, ni son rôle moteur, il n'est pas exagéré de souligner l'importance de l'étudiant dans ce contexte.
Qu'ils aient été recteurs, professeurs ou hommes politiques, tous ont exprimé leur conception et, pour certains, ont concrétisé celle-ci par des décisions générales et impératives. Aucun d'entre eux ne contesterait l'importance de l'université, mais certains oublient que l'étudiant d'aujourd'hui sera l'homme de demain. Je ne souhaite pas rouvrir le débat sur « l'étudiant, acteur de la société ». Je crois que cette réalité est acceptée progressivement par un grand nombre. L'existence de dialogue que nous connaissons au sein de notre institution en est une preuve marquante.
Malgré cela, l'étudiant qui incarne de toute évidence l'une des composantes les plus importantes de nos Facultés, reste paradoxalement souvent mal perçu. S'il est vrai que certains ont fait des efforts dans ce domaine, un trop grand nombre des membres du personnel ne voit pas encore l'étudiant dans toute sa dimension Or je crois fermement qu'à sa manière, il contribue à la bonne évolution de notre institution et prend sa part dans la gestion de la société. En effet les étudiants ont maintes fois prouvé qu'ils étaient capables d'ouvrir des pistes de solution sur différents problèmes et, le cas échéant, qu'ils savaient réagir massivement face à ce qu'ils estimaient injuste. Certains penseront peut-être qu'il s'agit d'une attitude peu probante. Cependant elle est justifiée par le climat d'insécurité dans lequel vit l'étudiant depuis ces dernières années. Et pour cela, il ne peut être blâmé.
Notre but est de vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure sans pour autant accepter n'importe quoi. Ne croyez pas que l'étudiant soit du style à s'envoler au premier mot d'ordre. Mais rester inactif devant les restrictions budgétaires ou encore face à des systèmes comme le numerus clausus ou le minerval postposé serait manquer à nos responsabilités.
Trop souvent, l'étudiant est perçu comme une personne avide d'amusements. C'est une erreur, car il dispose d'un potentiel de créativité et de ressources peu commun. Son esprit novateur lui confère une grande capacité d'adaptation, ce qui fait de lui une personne stable dans notre société. Il suffirait parfois de s'intéresser plus à ses initiatives ainsi qu'à ses réalisations pour découvrir ses richesses. Il faut que celles-ci puissent trouver une place au sein de la formation universitaire qui ne doit pas être uniquement une transmission de savoir, mais la conjugaison bien mesurée entre ses richesses et l'apprentissage. L'étudiant trouvera alors un épanouissement maximum tout au long de ses études. Tout doit être mis en œuvre pour que chacun puisse se former un esprit critique qui lui conférera autonomie et personnalité : en aucun cas, il ne peut devenir un automate intellectuel.
Dès lors, il devient compréhensible que l'on s'inquiète lorsque des décisions budgétaires prises en haut lieu, parfois très loin de l'Université, mettent en péril ses fondements même. En lui réduisant nombre de ses moyens, on remet en question la démocratisation et l'accessibilité de l'Université.
Je voudrais conclure en mettant l'accent sur les termes de communauté et d'ouverture. En effet, même si le contexte actuel n'est pas des plus favorables, il ne faut pas pour autant oublier quelques mots clés qui, au sein de notre institution, sont parfois oubliés. Cette année, les principaux mots d'ordre au sein du bureau de l'AGE seront communauté et ouverture. Dans un premier temps, nous consacrerons le mois culturel aux artistes belges et plus tard dans l'année les Journées Universitaires de la Paix prendront une dimension plus européenne en s'ouvrant aux pays de l'Est.
Enfin, au nom du Bureau de l'AGE, je tiens à remercier tout particulièrement mes collègues de l'Assemblée Générale des Facultés qui nous ont réservé un très bon accueil, ainsi que le Conseil d'Administration qui à répondu positivement à plusieurs de nos requêtes.
Je vous remercie de votre attention.
Monsieur Xavier Frin
Représentant de l'Assemblée Générale des Étudiants